RER B, loin, au-delà du périphérique, gare d’Aulnay.
Quelques
kilomètres plus tard, une immense FNAC : rayons vastes et nourris,
impeccablement rangés et classés. Les meilleures ventes de livres
trônent sur les tables : témoignages et récits de flics, anciens flics,
anti-flics, « racailles » repenties, jeunes filles passées par les «
tournantes », les mariages forcés, crimes « d’honneur » et autres.
Accueillie avec chaleur, je trouve ma table en tête de gondole, avec
mon livre, « La libération de la femme, une parenthèse dans l’Histoire
» (éditions Anabet). Prête à le dédicacer. Je me livre (quel délice !)
à un mari pour son épouse, une femme pour sa belle-mère, un monsieur
pour lui-même et d’autres encore. Comme toujours, je suis à hauteur
d’enfants, d’une petite fille qui regarde. « Je cherche à comprendre »,
dit-elle. « Et, alors, tu as compris ? », demande le papa. « Non. »
Elle suit le père, revient quelques instants plus tard, seule. « Que
fais-tu ? » interroge-t-elle. Je lui explique que j’écris un mot, un
souvenir pour les personnes qui l’achètent. Elle regarde le rayon
librairie derrière moi : « ceux-là aussi, c’est toi qui les
as écrits ? » C’est à peine une interrogation, presque une confirmation
qu’elle demande - l’esprit d’une enfance à qui rien ne paraît
impossible ni improbable. Non, je n’ai pas écrit tous les livres qui se
vendent à la FNAC, une petite partie seulement, quelques livres.
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