Un lecteur d'Impasses et impostures interpelle Pierre Sterckx, sur un ton où l'humour le dispute à l'invective, ce qui n'a pas laissé indifférent l'auteur. A lire donc la lettre et sa réponse.
LETTRE DE M. RICHARD RODRIGUEZ
J'ai parcouru, tout à l'heure, à la librairie la Hune, votre récent ouvrage "Impasses & Impostures" (en art contemporain), et plus particulièrement le chapitre que vous consacrez à l'oeuvre d'Anselm Kiefer, et la virulence de vos critiques n'ont pas manqué de me surprendre.
Vous prétendez, dans votre pamphlet, dénoncer "scientifiquement" (sic) les impostures et impasses de l'art contemporain ; encore faudrait-il que votre discernement artisitique soit à la hauteur de votre prétention !
Car dénigrer aussi stupidement et ridiculement l'oeuvre d'un authentique grand artiste comme Kiefer, pour faire, comparativement, l'apologie de celle, si grotesque, de Wim Delvoye, où de la peinture, si désuète et insipide, de Marc Desgrandchamps, c'est faire preuve d'un grave manque de discernement artisitique et culturel !
Pour parler franc, vous avez de la merde dans les yeux et c'est bien dommage pour vous ! Peut-être est-ce de trop vous être penché, si admirativement, dans le "Cloaca" de Wim Delvoye, que vous ne savez plus faire la différence entre l'art authentique et la vraie merde !
Un pamphlet critique n'a de raison d'être que si celui qui prétend donner des leçons d'impostures aux autres fait preuve d'un minimum d'objectivité et d'honnêteté intellectuelle, en n'érigeant pas en exemple des artistes bien plus imposteurs que ceux qu'il prétend dénoncer !
Désolé, mon bon Monsieur, mais comme le dit un célèbre slogan publicitaire de rillettes : "Nous ne partageons pas les mêmes valeurs", et c'est tant mieux !
Car entre Anselm Kiefer, que vous décriez, et Wim Delvoye, que vous adulez, il n'y a pas de comparaison possible ! L'un et en exergue l'humanisme et la poésie, tandis que l'autre fait l'apologie, fort indigeste, de la merde et du cochon !
Bien sincèrement vôtre.
REPONSE DE PIERRE STERCKX
Je m'étais promis, dans mon pamphlet "Impasses et Impostures" de ne pas entrer dans une perspective de polémique, persuadé de la stérilité d'un tel propos. Aussi, la lettre de Richard Rodriguez sera-t-elle la première et la dernière à laquelle je ferai écho.
Deux détails de cette missive la rendent irrecevable. Tout d'abord, Monsieur Rodriguez déclare avoir "parcouru à la librairie la Hune mon ouvrage". Curieuse façon d'explorer un livre... ou plutôt de le survoler en n'y cherchant que furtivement de la noise. Ensuite, il est dit par mon destinateur que "vous avez de la merde dans les yeux" Et là, on passe du débat à l'invective.
Monsieur Rodriguez semble doué pour le discours d'exécration. Quant à son opposition Kiefer / Delvoye, dénuée de tout développement critique, elle nous fige face à un binarisme inintéressant. "L'humanisme et la poésie" (valeurs obsolètes s'il en est) étant confrontés à de la merde ((Wim Delvoye ne se résume pas à cela).
Il est vrai, et ce sera ma seule concession, que désirer faire une "critique scientifique" est un peu prétentieux. Mais comment s'exprimer autrement si l'on vise une "vérité" toujours en dérobade ?
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