Boris Savinkov


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erroriste et homme de lettres, tour à tour révolutionnaire socialiste, anticommuniste officier d’une armée de volontaires combattant les Rouges pendant la guerre civile, enfin rallié aux bolcheviks qui l’emprisonnent, Boris Savinkov (1879-1925) est une des figures les plus scandaleuses et brillantes du premier quart du XXe siècle pourtant riche en personnalités. Une biographie lui a été consacrée en France, une autre aux Etats-Unis . Redécouvertes depuis la Perestroïka, ses œuvres ont fait l’objet de plusieurs rééditions en Russie.

« Malgré les malheurs qu’il a éprouvés, les dangers qu’il a surmontés, les crimes qu’il a commis, il a manifesté la sagesse d’un homme d’Etat, le talent d’un général d’armée, le courage d’un héros, l’endurance d’un martyr », dira de lui Churchill dans ses souvenirs sur les Grands contemporains (1938).
A la tête de l’organisation de combat du parti socialiste-révolutionnaire, Savinkov (Ropchine) participe aux préparatifs de l’assassinat du grand-duc Serge et du premier ministre Plehve, il fréquente le redoutable agent provocateur Azef. Condamné à mort en Russie, il s’évade de prison et passe plusieurs années à Paris où il côtoie Modigliani, Picasso, Cendrars, Apollinaire et écrit son roman Le Cheval blême. Après la révolution de février, il sera ministre de la guerre au sein du gouvernement provisoire puis, en juillet 1917, soutient la tentative de coup d’Etat de Kornilov.

 

Après la prise du pouvoir par les bolcheviks, Savinkov rejoint les armées blanches du Don. On le retrouve ensuite à Paris où il dirige une mission militaire de l’amiral Koltchak puis, en 1920, en Pologne où il recrute des volontaires pour une armée « russe » financée par la Pologne et la France. C’est précisément cet épisode qui sera relaté dans Le Cheval noir, son quatrième livre publié en russe à Paris en 1923, puis à Moscou en 1924. Inspiré tout comme les précédents par l’expérience vécue, marqué par des images de l’Apocalypse, ce texte écrit sous forme de journal retrace la marche désespérée et chaotique d’un régiment de volontaires à travers la plaine russe ravagée par la guerre civile et la dégradation des combattants anti-bolcheviks qui se livrent à des pogroms et des pillages. Dans sa préface au Cheval blême, Michel Niqueux qualifiera ce texte d’un des « témoignages littéraires les plus saisissants sur la guerre civile, à côté de Cavalerie rouge de Babel.

 

A la suite d'une rencontre avec Krassine, dans le cadre d'une opération montée en 1922 sous le nom de code «Syndicat-2 », Savinkov sera « retourné » et attiré en Union soviétique, où son procès s’ouvrira le 27 août 1924. La Pravda publiera sa « capitulation » sous le titre « Pourquoi j’ai reconnu le pouvoir soviétique ». Emprisonné à la Loubianka, il se donnera la mort le 7 mai 1925. « En prison », texte posthume publié à Moscou en 1925 avec une préface de Lounatcharski, relate cette dernière étape de la vie du terroriste avec une lucidité et une précision impitoyables.



Publié chez ANABET

CHEVAL NOIR : des images de l'apocalypse, un récit sous forme de journal qui retrace la marche désespérée d'un régiment de volontaires à travers la plaine russe ravagée par la guerre civile.

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