Gustav Caroll
Gustav Caroll vit à Paris quoiqu’il s’en absente souvent. Il avoue
avoir enseigné un temps - assez bref - à la New York University, où il
a tenté d’intéresser de jeunes Américains à la culture européenne. Il a
quarante ans et une « patte folle », résultat d’une chute de ski à
l’arrêt. Cette chute pourrait être le point de départ de son livre contre le sport. Non pas qu’elle ait frustré un tempérament
sportif, au contraire. Il y voit plutôt l’occasion d’observer ce fléau
à la bonne distance, c’est-à-dire de loin. Gustav Caroll confesse
également une réticence à « participer » d’une manière générale.
Sous d’autres noms, il a écrit un roman et du théâtre, tourné des
petits films. Il partage avec Samuel Beckett une activité sportive
restreinte : suivre les enterrements à pied.
Publié chez ANABET
L’enjeu est simple mais grave : il s’agit de reprendre possession de
son corps, de le sauver de l’embrigadement sportif et de son modèle
industriel. Vanté par toutes sortes d'experts, le sport est devenu un
fléau qui brise les corps. Ceux des champions ou pourquoi pas des
enfants. Il corrompt et bêtifie le reste. Car rien ne pousse sur le
chiendent des pelouses synthétiques. Avec Pierre de Coubertin, il
prétendait "rebronzer une jeunesse veule et confinée", dans une ferveur
quasi religieuse. Avec ses successeurs, le sport occupe désormais tous
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