Ridell, Broughton, Dunsany, Hudson, Stevenson,
James Hogg
En 1824, publie ce qui est considéré comme son chef d'oeuvre - Les mémoires privées et confessions d'un pêcheur justifié.
Il faudra attendre un siècle pour qu'il soit republié en angleterre et
qu'il finisse par tomber entre les mains d'André Gide : "Je viens à lui
tout de go, écrit-il de ce livre, et reste émerveillé, épouvanté devant
ce fruit monstrueux de l'arbre."
Sheridan Le Fanu
Le
grand art de Le Fanu est de vider le récit de toute substance
temporelle, saigner à blanc les personnages, en d'autres termes tuer le
temps (...) Comment ? Si l'on en croit l'auteur, en l'égorgeant d'un
coup de rasoir.
Charlotte Ridell
Elle
est parmi les romancières anglaises de sa génération, la plus lente. A
son éditeur, Richard Bentley, qui lui demande si elle progresse dans le
roman que sa firme va éditer, elle répond : " - Il est terminé. -
Parfait. Pourrons-nous avoir le manuscrit demain ? - Oh, non ! Ce que
je veux dire, c'est que le récit est complet dans ma tête, jusqu'aux
dernières répliques. Mais il faut que je le couche sur papier et cela
va prendre un temps considérable."
Rhoda Broughton
Ses romans sont parsemés de réflexions mordantes qui choquent les
critiques. A soixante dix ans passés, assistant à un service avec
d’autres octogénaires, elle écrit à une amie : « le chapelain nous a
fait un sermon pour nous prévenir contre les dangers de l’adultère et
les occasions qui pouvaient se présenter à nous !!! »
Willian Henry Hudson
Ce qui fait horreur à Hudson, c’est tout simplement la mort. […] Que
dire d’autre ? Ceci, peut-être : en terminant, mourant, son dernier
livre, Hudson écrit : « Je n’ai pas plus tôt terminé un livre que je
commence, avec un instinct de rôdeur, à le dépecer. »
Robert Louis Stevenson
Se penchant sur Stevenson mourant, le
docteur Anderson ne peut s’empêcher de s’écrier : « Comment quelqu’un
peut il écrire des livres avec des bras comme ça ? – Il a écrit tous
ses livres avec des bras comme ça, répond sa femme, qui est en train de
frotter avec du cognac les bras squelettiques de son mari. »
Lord Dunsany
Il y a, dans les trois Royaumes, moins
de dix familles pouvant se targuer de descendre en droite ligne des
envahisseurs Normands. Les Dunsany en font partie. Si cela permet au
jeune Lord de voir s’ouvrir les portes du grand monde, cela sera plutôt
un handicap pour sa carrière littéraire. Comment prendre au sérieux ce
pair du Royaume qui écrit une pièce de théâtre entre l’heure du thé et
l’heure du dîner ?
Publié chez ANABET
Dans ses textes sur l'imaginaire et les émotions, Sartre a jadis montré
combien mince était la structure de la raison. Balayée au moindre
souffle d'étrangeté, cette prose fait surgir un monde où la magie règne
en maîtresse.
Ces contes noires en apportent la preuve, qu'ils viennent d'Ecosse ou
d'Irlande, pays des apparitions et des sortilèges mis à bouillir dans
le chaudron de Macbeth.