A l'occasion de la parution prochaine du livre de Max Genève - QUI A
PEUR DE DERRIDA ? -, Anabet a retrouvé un pamphlet de l'auteur, Censures (publié en 1975 aux éditions de l'Epi),
dont voici quelques extraits bientôt éclairés d'un nouveau jour :
"Un grand écrivain a toujours derrière soi un nombre appréciable de
titres - romans, nouvelles, essais, poésies, théâtre -, d'oeuvres de
jeunesse et de la maturité, sur lesquels s'asseoit sa notoriété. Mais
il a aussi et d'abord derrière soi son propre derrière sur lequel il
s'asseoit comme tout le monde. Cette constatation paraîtra banale aux
esprits superficiels et impies qui ont décidé une fois pour toutes
d'ignorer la biographie et l'oeuvre des grands écrivains, voire d'en
nier, excusez du peu, jusqu'à l'existence.
Elle
peut toutefois aussi conduire à de nouveaux classements les critiques
littéraires, les essayistes, les chercheurs et producteurs de thèses, -
tous gens à tremper les doigts dans la naphtaline universitaire pour en
retirer les restes des grands auteurs qui y sont conservés, et les
examiner avec méthode et rigueur (on ne saurait trop conseiller aux
habitués de l'opération de bien se laver les mains après, pour éviter
qu'ils ne se confissent eux-mêmes et de leur vivant dans ces émanations
naphtées)."
Ce principe nouveau de classement, réellement inouï
et proprement fondamental, pourrait alors être de grouper les auteurs
selon les dimensions, la consistance, la structure ou la physionomie de
leurs postérieurs respectifs. [...] Mais comment nommer ce qui se dérobe à la nomination ? Le nom
maîtrise, le maître nomme -, vieux cercle (double) du pouvoir. [...]
Dans la représentation idéaliste (la littérature), composer,
produire, débiter, écrire, bref faire un texte, et le publier : c'est
toujours l'exploration publique des limites (de l'intelligence) de l'auteur. lequel peut-être en deçà ("ce n'est pas son meilleur livre"), jamais aller au-delà." A SUIVRE.
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